« RAVI DE LA CRECHE » ?

Publié le par Xavier GARBAR

Le-Ravi.jpgJe dois avoir l’esprit mal tourné.

 

Détestant tout autant les phénomènes de meutes que les comportements moutonniers, j’ai tendance (probablement à l’excès) à me méfier instinctivement de toute opinion dès lors que tout le monde la partage et la répète à l’envi.

Ce (gros) défaut dont je ne suis pas fier a pourtant l’immense avantage de développer l’esprit critique et  ne pas prendre d’emblée pour argent comptant telle ou telle information ou opinion sous prétexte qu’elle fait consensus dans la médiasphère ou dans tout autre collectif.

 

C’est donc avec cet état d’esprit que j’observe avec agacement l’atmosphère de déprime généralisée répandue avec complaisance par la presse, la télé, les réseaux sociaux, les commentateurs politiques, mais aussi hélas les collègues de bureau, les voisins et même les copains !

 

Donc 2013 fut une année noire et 2014 ne s'annoncerait guère meilleure.

S'il y a du vrai dans tout cela – comment ne pas penser  à tous ceux qui souffrent dans leur corps, à ceux qu’un régime économique impitoyable aux faibles pousse ou maintient au chômage, dans la précarité et la pauvreté -  si la crise est profonde et les difficultés bien présentes, si les solutions politiques mises en œuvre méritent la discussion, je soutiens aussi qu'on en rajoute dans la sinistrose.

A toujours noircir le tableau, par pessimisme naturel ou forcé, par intérêt ou conviction politique sincère,  par paresse intellectuelle ou malveillance consciente, on contribue à alimenter un climat délétère de défiance généralisée, de scepticisme systématique, de cynisme sinistre qui s’auto alimente et constitue un frein puissant à tout redressement.

 

On sait depuis longtemps que dans le champ économique, le manque de confiance généralisé, se transmettant à tous les acteurs (salariés, consommateurs, investisseurs, prêteurs…) non seulement n’aide pas au redressement de l’économie, mais aggrave directement le marasme.

Et dans l’espace civique, si une certaine dose, raisonnable, de pessimisme peut conduire à la lucidité et permettre aux hommes, après analyse  et examen critique de la réalité, de se rebeller contre l’injustice et se lever pour construire un monde meilleur, trop de pessimisme conduit à la critique stérile et au désespoir.

 

Dans tous les domaines donc, le pessimisme doit être combattu avec force.

Or je maintiens qu’il y a des raisons d’espérer.

 

On me traitera si on veut de « ravi de la crèche », ce qui ne me vexera pas car à tout prendre je préfère le simple d’esprit qui garde sa capacité d’émerveillement au savant cynique revenu de tout qui ne croit plus en rien.

 

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