RESEAUX SOCIAUX : OUI A LA DISCUSSION. NON AUX INSULTES !

Publié le par Xavier GARBAR

RESEAUX SOCIAUX :   OUI  A LA DISCUSSION. NON AUX INSULTES !

Les réseaux sociaux nous offrent une opportunité inégalable de dialogue, de discussion, d’exercice généralisé de la démocratie, chacune et chacun ayant aujourd’hui la possibilité d’exprimer son point de vue, de l’exposer à une multitude d’autres citoyens, en toute liberté, sans contrainte matérielle, technique ou financière. Bref, une sorte de rêve pour tous ceux qui pensent que la liberté de pensée ne s’use que lorsqu’on ne s’en sert pas.

Utilisateur régulier de facebook, je ne suis pas le dernier à y exprimer mes opinions et mes réactions immédiates à l’actualité.

Car à la différence de ce qu’on peut faire d’un blog où l’on va essayer de prendre le temps d’exposer des analyses, de fouiller un peu sa pensée, d’approfondir tel ou tel sujet, le réseau social permet à tout un chacun d’exprimer en temps réel des émotions, des réactions, des colères ou des joies, comme chacun le fait avec ses proches, familles, collègues, copains ou voisins dans la vie courante, mais à destination cette fois de tous ces « amis », personnes souvent inconnues mais qu’on a retenues comme pouvant partager un certain nombre de valeurs et de thématiques et enrichir sa vision de points de vue différents.

Une autre utilité sociale des réseaux sociaux est de permettre de s’émanciper un peu du « clergé » médiatique qui a longtemps monopolisé, voire confisqué le droit de s’exprimer et de faire connaître ses propres opinions, indépendamment de celles, souvent conformistes, ou corporatistes, des journalistes professionnels.

Indécrottable optimiste, je veux penser qu’avec le temps, les usagers des réseaux sociaux et autres moyens d’expression permises par les nouvelles technologies, sauront en faire effectivement un outil de démocratie réalisée, accomplie…

Mais, car il y a un mais, on n’en est pas encore là !

Car beaucoup de gens pensent - mais est-ce vraiment de la pensée ? - beaucoup considèrent que ces moyens d’expression modernes, loin d’être un moyen extraordinaire de dialogue et de rapprochement entre êtres humains, loin de servir à discuter, à argumenter, à échanger, sont un défouloir, une poubelle à colère, un haut parleur de leurs aigreurs et de leurs frustrations.

Je ne reproche pas à certains interlocuteurs d’avoir une opinion tranchée – je serais bien coupable car j’ai les miennes et je les défends à l’occasion avec ardeur, même si je revendique le droit de ne pas avoir de point de vue arrêté sur tous les sujets – non, je trouve normal de défendre ses opinions, même de façon vive.

Mais ce que je n’accepte plus, ce sont les affirmations péremptoires non étayées, les raccourcis faciles, les ragots, les insultes et noms d’oiseaux qu’on vous balance, non pour discuter mais pour blesser, pour stigmatiser, d’autant plus virulents que l’interlocuteur n’est pas physiquement présent (courageux mais sans risque…).

Arme des faibles en arguments pour éviter d’entendre des avis divergents, ou comportement immature des peureux de toutes espèces qui se protègent derrière la violence des mots comme en d’autres temps ou d’autres lieux, ils se seraient protégés par la violence tout court ?

Si l’on veut que les réseaux sociaux jouent un rôle positif dans le progrès de la liberté d’opinion et la démocratie, on doit donc refuser de répondre à cette violence souvent puérile, par une contre-violence. S’efforcer soi-même de tourner sept fois sa souris avant de cliquer pour envoyer son post. Et continuer à préférer l’argument à l’insulte.

Certains pensent, à raison, que rien ne remplacera les journalistes professionnels et que les médias tiendront ainsi le registre de la qualité des contenus, de l’information vérifiée, quand les réseaux sociaux se caractériseront par la superficialité et l’émotionnel. On voudrait en tous cas le croire…Mais pour l’instant, on voit surtout de nombreux médias, et pas les moindres, effrayés par la concurrence de ces réseaux sociaux, sombrer dans les mêmes travers, se vautrer dans la réaction immédiate, dans l’émotionnel glauque, dans la recherche du « buzz » au détriment du journalisme de qualité…Du temps, oui, il faudra du temps…

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