COUPS DE GUEULE !

Publié le par Xavier GARBAR

COUPS DE GUEULE !

Même si l’on recherche la sérénité, même si l’on essaie de prendre la distance nécessaire avec l’actualité immédiate, celle-ci est parfois si cruelle que la colère nous submerge. Dans ce cas, à condition d’en faire quelque chose, il est parfois bon de l’exprimer…

Terroristes

Je n’aime pas ce terme. Toutes les dictatures dans le passé ont qualifié de « terroristes » les glorieux et courageux résistants à l’oppression qui, assurément ne le méritaient pas. Aujourd’hui c’est faire trop d’honneur de simplement qualifier de « terroristes » des assassins, des tueurs, des ordures, des fanatiques aussi cruels que stupides. Daesh est, depuis le nazisme la nouvelle incarnation du mal absolu, l’antithèse de tous les progrès de l’humanité depuis des siècles. Intolérance religieuse extrême, soumission ou/et mise à mort des « mécréants », apologie de l’esclavage, haine et oppression des femmes, cruauté hallucinante, voyeurisme pervers de leurs atrocités, détestation de tout ce qui s’apparente à la Liberté, à l’Egalité, à la Laïcité, stupidité incommensurable de leurs pseudo-théologie, j’en passe et des meilleures. Le terme d’ « islamo-fascisme » ne me choque pas même s’il me paraît trop faible et assez impropre. Mais comment ne pas voir que l’EI n’a qu’un souhait, voir, en réaction à ses exactions, des régimes fascisants s’installer aux commandes des Etats occidentaux pour justifier en retour ses ignobles forfaits.

Fascisme

Ne nous laissons pas emporter par ce courant impétueux qui commence à emporter nombre de concitoyens. Ne tombons pas dans le piège de l’amalgame, ne mélangeons pas tout : islam et fanatiques extrémistes (ultra minoritaires), immigrés et réfugiés avec insécurité et attentats.

Ne nous laissons pas vaincre par la peur, ne faisons pas ce qu’ils souhaitent, ne laissons pas se développer racisme et intolérance, résistons avec fermeté aux actes de terreur des assassins sans déconstruire l’Etat de Droit et nos régimes démocratiques, ne faisons pas renaître « la bête immonde » du fascisme.

Voir aujourd’hui les dirigeants du Front National se vautrer dans la souffrance des victimes pour engranger les dividendes de la peur, de l’ignorance et de la misère sociale et culturelle, me fait gerber !

Voir une partie de la droite dite « républicaine » glisser peu à peu sur cette même pente dangereuse, par sordide intérêt électoraliste me navre et en dit beaucoup sur le degré de moralité qui règne chez ces gens-là.

Voir quelques illuminés de l’ultragauche et hélas quelques autres trouver des quasi excuses à l’abjection sous prétexte d’oppression néocoloniale (l’intervention occidentale en Syrie) ou postcoloniale (la relégation et la discrimination dans les cités de nos banlieues), ça ça me fait carrément pleurer !

Inconscience…

Durant la guerre froide, un homme politique socialiste disait du parti communiste qu’il n’était pas à gauche, mais... à l’Est ! Ce n’était pas complètement faux.

Aujourd’hui, j’aurais tendance à penser qu’une partie de la gauche est plutôt … « complètement à l’ouest » ! Non pas du tout qu’elle soit devenue subitement atlantiste ou pro-américaine, mais au sens « à coté de la plaque », ou « à côté de ses pompes » !

Quoi, alors que la menace terroriste plane sur la France, que la droite ultra libérale conservatrice voire l’extrême droite néo-fascisante, attendent sans scrupules que le pouvoir leur tombent dans les bras, menaçant de remettre en cause des décennies de conquêtes sociales et démocratiques, une partie de cette gauche continue de considérer le président (et son premier ministre) socialiste comme l’ennemi principal !!

Depuis le début du mandat présidentiel, cette mouvance s’est quasiment systématiquement opposé à toutes les décisions de l’exécutif, sur le CICE et le pacte de responsabilité, sur la fiscalité, sur la rigueur budgétaire, sur l’état d’urgence ou la déchéance de nationalité, sur la réforme enfin du code du travail, pourtant amendé et approuvé par au moins la moitié des syndicats et surtout par ceux qui sont majoritaires dans le secteur privé concerné par la loi. Cette opposition a été jusqu’à rechercher - sans succès, mais en l’occurrence, ici, c’est l’intention qui compte – à déposer une motion de censure, soit une procédure visant à renverser le gouvernement, et par deux fois, certains allant jusqu’à voter la motion de censure de la droite. Les mêmes, inconscients de la menace qui s’approche, s’obstinent et ont déposé un recours devant le conseil constitutionnel, se montrant encore plus extrémistes dans leur acharnement que l’opposition conservatrice !

Tous ces agissements ont contribué puissamment à affaiblir la crédibilité de la politique gouvernementale, et fourni à une opposition ravie et à des médias avides de « couacs » et de « buzz », les provisions quotidiennes alimentant le « Hollande bashing » soigneusement orchestré depuis bientôt cinq ans.

La reconquête du peuple de gauche sera difficile. Mais il doit se faire auprès des seuls électeurs et, quitte à prendre le temps qu’il faudra –et donc peut-être sacrifier un ou deux quinquennats – elle devra zapper définitivement les appareils et dirigeants de cette gauche « radicale » ou « frondeuse », tous ces parlementaires irresponsables, tous ces pseudo-alliés qui engrangent les sièges obtenus dans le cadre d’une alliance pour mieux ensuite se désolidariser dès qu’une décision difficile s’impose.

Brèves de comptoir

Non, décidément non, je ne m’associerai jamais à tous les commentaires ironiques, régulièrement diffusés sur les réseaux sociaux, fustigeant la « classe politique », les parlementaires, les élus, les dirigeants politiques ou syndicaux, qui profiteraient honteusement d’avantages en tous genre, sans jamais se soucier des « vrais gens », c’est-à-dire, « nous », le bon peuple, pur et sans tâche, toujours berné, trompé, trahi par les « élites » qui renieraient quasi systématiquement leurs promesses et engagements.

Oh, non pas que celles-ci soient exemptes de reproches, loin s’en faut. Mais il se trouve que les choses ne sont pas si simples que ça.

Bien sûr il y a des dérives individuelles qui contribuent grandement au discrédit de la « classe politique », et celles-ci ont toujours été abondamment exploitées par les démagogues de tous horizons et en particulier par les adversaires de la démocratie.

Toute action politique (et aucune option, de l’extrême droite à l’extrême gauche, n’y a échappé) comporte le risque, surtout lorsqu’on détient des leviers de pouvoir, de dévier du but initial, de se laisser corrompre par le pouvoir ou/et les avantages matériels, d’oublier ses mandants, de voir ses convictions s’affadir, de tomber dans un cynisme ravageur. Les remèdes à ces dérives existent. D’ordre moral ou institutionnel, certains d’entre eux ont déjà été évoqués dans ce blog[1].

On peut trouver des exemples de l’équitable répartition de ces travers dans toute l’étendue du champ politique… et même dans toute la société !

Car ce qu’on reproche avec véhémence – et raison – aux politiques, on pourrait tout autant l’appliquer à l’ensemble du corps social, tant il est vrai qu’une société a les élites qu’elle mérite ou autrement exprimé, que les électeurs ont les élus qui leur ressemblent !

Quoi, il n’y a pas de fraude fiscale chez les chefs d’entreprises, les commerçants ? Pas de travail au noir chez les salariés ? Pas d’utilisation des outils et moyens de l’entreprise à titre personnel chez les patrons? Pas de coulage chez les ouvriers ? Pas de tentatives de resquiller des entrées de concert chez les jeunes ?

On pourrait disserter de longues heures sur ces sujets et ne garder qu’une vision bien sombre de nos semblables. Humains. Et imparfaits. Parce qu’humains. Concédons cependant que plus on monte dans l’échelle sociale, dans la hiérarchie sociale, plus on devrait, plus on doit évidemment être exemplaire.

En tous cas il me semble que la critique systématique des politiques, somme toute bien banale est plus digne des discussions de café du commerce que du débat citoyen. Y participer, souvent avec sincérité chez beaucoup, c’est tomber dans le piège que les ennemis de la démocratie[2] nous tendent. C’est alimenter la défiance généralisée envers toute action publique, contribuer à saper la confiance en elle dont toute Nation a besoin pour réussir. C’est renforcer ce vieux fonds d’individualisme français qui allie sans y voir contradiction, refus de participer à toute activité collective et critique volontiers féroce de la minorité qui s’y engage.

Et à tous ceux qui passent leur temps à vilipender les « politiques », à tous les amis parfois qui ne croient plus en rien ni personne, qui ne voient que turpitudes et faussetés chez tous ceux qui exercent une responsabilité, il serait facile de dire en paraphrasant JF Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que la Nation fait pour vous, mais plutôt ce que VOUS, vous faites pour elle !

[1] Cf. « Le renouveau ? Chiche ! Eléments pour une réforme profonde du parti socialiste » juin 2015

[2] Les dirigeants du FN, par exemple, qui raffolent de ces ragots, sont probablement plus corrompus que ceux qu’ils dénoncent.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

pauvregogo 20/11/2016 18:13

On entendait bien la révolte du peuple gronder depuis pas mal de temps mais on avait sans doute sousestimé l’ampleur du phénomène:maintenant quelques dizaines de millionnaires se rebiffent pour sauver le soldat Hollande!Là c’est du sérieux.Il est vrai qu'il n'y a plus guère que les millionnaires pour le soutenir car il ne saurait plus compter désormais sur le fidèle soutien des "sans-dents"...Tout cela est bien cruel et tragique aussi.