A PROPOS DU PROCHAIN CONGRES DU PARTI SOCIALISTE

Publié le par Xavier GARBAR

A PROPOS DU PROCHAIN CONGRES DU PARTI SOCIALISTE

Le prochain congrès du PS ne doit pas, une fois de plus, ...ne servir à rien!

ll n'y aura peut-être pas d'autres occasions pour rebondir et relancer une dynamique. Question de survie.

Les articles précédents de ce blog ("Eloge de la social-démocratie", "Pertinence et actualité de la social-démocratie", etc.) ont largement développé les questions de fond qui se posent. Je n'y reviendrai donc pas. Les lignes qui suivent sont donc consacrées à ce congrès d'Aubervilliers qui peut être décisif, du moins faut-il le souhaiter, pour l'avenir du PS mais surtout de la gauche et du modèle de société que nous défendons et souhaitons continuer à construire.

Lors d'un précédent congrès, ce blog proposait des pistes de rénovation...celle-ci ne vint pas.

Peut-être qu'aujourd'hui, alors que le PS est plongé dans une crise qui peut lui être fatale, viendra le sursaut?

Pour contribuer au débat,

1) J'ose renvoyer le lecteur à cet article de juin 2015 ("Le renouveau? Chiche! Eléments pour une réforme profonde du PS" p 5 du blog) dont je ne change pas une ligne:

http://www.republicain-et-socialiste.fr/2015/06/le-renouveau-chiche-elements-pour-une-reforme-profonde-du-parti-socialiste.html

2) Je joins ci-dessous les quelques lignes adressées à ma section qui expliquent mon choix pour la motion "Socialistes, le chemin de la renaissance" et son premier signataire Olivier FAURE:

Pourquoi je voterai pour la motion D'OLIVIER Faure

 

Après avoir lu attentivement les quatre textes en présence, voici les conclusions auxquelles j’ai, pour ma part, abouti.

Sans grande hésitation, même si je me suis astreint, par devoir militant, à leur lecture, j’élimine d’emblée deux textes.

Le premier, « L’union et l’espoir » dont le premier signataire est Emmanuel Maurel, malgré des analyses et propositions qui peuvent ici ou là être intéressantes, représente- et le revendique – la mouvance des « frondeurs » dont l’action virulente et la déloyauté permanente tout au long du quinquennat contre le gouvernement de gauche est pour une large part responsable de l’échec de celui-ci.

Loin de moi l’idée d’attribuer à la « fronde » la responsabilité unique de la crise actuelle – bien d’autres causes ont joué leur rôle, on y reviendra – mais la division étalée au grand jour, la violence des comportements (allant jusqu’à être prêts à voter avec la droite la censure du gouvernement), l’indiscipline complètement irresponsable dans un tel contexte ont empêché le président sortant de se représenter et puissamment démoralisé l’électorat socialiste, dont une large part a préféré se porter sur Macron, considéré,  - on le sait maintenant, à tort – comme un candidat de centre gauche. On connait la suite : la désignation d’un candidat non représentatif lors d’une primaire désertée par la majorité de l’électorat socialiste, et le résultat désastreux de celui-ci, entraînant dans sa chute, lors des législatives suivantes, la majeure partie des députés socialistes (y compris les leurs !).

Le second texte est signé par Luc Carvounas, ex bras droit de Manuel Valls, certains, moins diplomatiques, parlant de « porte-flingue" de l’ex premier ministre. Son parcours est pour le moins bizarroïde. Passer en si peu de temps du vallsisme de combat  à l’aile gauche du PS, de la théorie des gauches irréconciliables à la promotion de la gauche « arc en ciel », soit le remake de la gauche plurielle, ne laisse pas d’intriguer.

En tout état de cause, cette position crypto-mélenchonienne, ne fait pas avancer la cause du socialisme réformiste. La gauche ne reviendra au pouvoir que lorsque sa composante sociale-démocrate sera redevenue hégémonique. Tant que la gauche radicalisée domine, la droite sous toutes ses formes, libérale, conservatrice, fascisante, peut dormir sur ses deux oreilles. Courir après la gauche de la gauche est une impasse tragique.

Reste les deux textes de Stéphane Le Foll et d’Olivier Faure.

J’aime bien S. Le Foll. J’ai apprécié sa loyauté, son punch, son enthousiasme. Son texte est sympathique. Il inscrit l’action des socialistes dans une longue chaine historique (et ce « récit » a beaucoup manqué au quinquennat de François Hollande)  et il a son rôle à jouer dans le renouveau attendu du PS. Il eut été un très bon premier secrétaire du PS en 2012 à la place des pâles personnages qui se sont succédés durant le quinquennat.

Son texte est complémentaire de celui d’Olivier Faure et non contradictoire. Tous les deux défendent l’idée que le PS doit se renouveler, changer ses méthodes, s’ouvrir sur l’extérieur, écouter les militants et les territoires. L’un et l’autre sont convaincus que le PS doit redevenir le premier parti de la gauche, condition nécessaire d’un rassemblement majoritaire.

Quelque part je regrette que les deux s’opposent. J’espère que le vainqueur accueillera l’autre et que celui-ci se rangera dans les rangs d’une majorité rassemblée.

Dans son texte, Stéphane Le Foll donne la raison pour laquelle je ne voterai pas son texte malgré ses qualités : il se pose en effet comme celui qui peut redonner vigueur au parti avant de passer le relais aux jeunes générations. Il avoue ainsi lui-même qu’il ne peut pas incarner durablement le renouveau de la gauche socialiste.

Dans le contexte actuel, de défiance généralisée – et soigneusement entretenue et exploitée - envers la « classe politique », avec un Président qui joue en permanence sur l’image du renouveau, sur sa jeunesse, la « Renaissance » du PS, qui doit se traduire dans sa doctrine (assumer la social-démocratie),  dans les méthodes et dans le renouvellement générationnel,  ne s’imprimera dans l’opinion que si son leader « incarne » cette nouvelle donne.

A l’évidence, Olivier Faure est l’homme de la situation. Je voterai pour la motion « Socialistes, le chemin de la Renaissance » dont il est le premier signataire et pour lui pour la désignation du 1er secrétaire.

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