ET MAINTENANT, VOYEZ-VOUS UN PEU MIEUX CE QU’EST UNE POLITIQUE DE DROITE ?

Publié le par Xavier GARBAR

ET MAINTENANT, VOYEZ-VOUS UN PEU MIEUX CE QU’EST UNE   POLITIQUE DE DROITE ?

Le retour sur la scène politique de Sarkozy, intervient dans un frémissement médiatique qui démontre à quel point la presse française, de droite comme de gauche, est fascinée par cet individu. Normal, il représente tout ce qu’elle adore : superficialité, vacuité de la pensée et de la réflexion, action réduite aux petites phrases, politique ramenée aux effets d’annonce, aux coups de menton et à la provocation populiste, tous les ingrédients recherchés par une presse « peopolisée », qui a troqué la recherche d’une information utile et confirmée contre n’importe quel évènement, fut-il insignifiant, dès lors qu’il peut faire le buzz…et se vendre…

Mais ce retour aura peut-être quelques vertus pour la gauche française.

Parce qu’il n’a pas de convictions durables arrêtées, mais par contre une ambition féroce et un égo surdimensionné, Nicolas Sarkozy est prêt à recourir à n’importe quel bagage idéologique, même le pire, du moment qu’il est dans l’air du temps. Et l’air du temps, je n’ai pas besoin de faire un dessin pour le rappeler au lecteur : ultra libéralisme en matière économique, ultra populisme en matière sociétale.

Et le discours démagogique qu’il porte dans ses premières interventions, tout comme les projets de ses concurrents à droite, passés inaperçus jusqu’ici, devraient réveiller nombre de nos petits camarades, si prompts à dénoncer une dérive droitière du gouvernement :

Fin des trente cinq heures, durcissement du traitement des chômeurs et des conditions d’attribution du RSA, réduction féroce des dépenses publiques, réduction du nombre de fonctionnaires et suppression du statut de la fonction publique qui «n'est plus adapté aux exigences du monde moderne », remise en cause de l’aide médicale d’Etat aux étrangers, allongement de l’âge de départ en retraite, retour en arrière plus ou moins assumé sur le « mariage pour tous », etc.

Et je pense qu’on n’est pas au bout de nos surprises quand on sait que la compétition qui s’annonce à droite pour désigner son futur champion ne pourra que produire de la surenchère !

Notre gauche frondeuse, râleuse, dépressive, aux yeux de laquelle rien ne trouve grâce dans l’action présidentielle, va-t-elle découvrir la différence entre une ligne réformiste, certes prudente et peut-être trop parfois, et l’ultralibéralisme conservateur qui s’annonce ?

D’un côté un plan d’économies publiques de 50 milliards pour les injecter via les baisses de charges en faveur de l’emploi et de l’investissement, de l’autre une diminution brutale de ces dépenses publiques de 130 milliards ! (pour faire quoi, baisser les impôts des plus riches comme en 2007 ?)

D’un côté le statut de la fonction publique conforté et une stabilisation globale de ses effectifs (avec des hausses dans l’Education, la Justice et la Sécurité, et des baisses qui compensent dans les autres secteurs), de l’autre la baisse claironnée du nombre de fonctionnaires et l’introduction des contrats de droit privé dans les administrations.

D’un côté la recherche du dialogue social et des compromis entre patronat et salariés, où ces derniers concèdent de la flexibilité mais obtiennent des droits nouveaux, de l’autre une politique sociale taillant dans le vif, supprimant le SMIC et les CDI et voulant instaurer en France les mini-jobs comme en Allemagne. Etc.

Entre la politique, certes contrainte et défensive, du gouvernement qui, dans un contexte très défavorable, préserve notre modèle social républicain (et quoiqu’en disent nos camarades de « gauche », si des sacrifices et de la patience sont demandés aux salariés, on est loin des politiques d’austérité grecques, espagnoles ou portugaises) et le programme revanchard d’une droite qui veut profiter de la crise pour remettre en cause le code du travail, les acquis sociaux et les conquêtes salariales obtenues de haute lutte depuis la Libération, comment ne pas voir la différence ?

Il y a un moment où on doit prendre ses responsabilités, évaluer les rapports de force, peser avantages et inconvénients… et choisir son camp.

Et à mon avis ce moment n’est plus loin.

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